le plus récent des deux.
Mme Dandurand
Histoire
Il y eût une époque ou les temps n'étaient pas toujours aussi faciles.
La vie était alors un don que l'ont possédait et chérissait, au meilleur de nous. La petite histoire d'une famille, d'abord uni par les liens, qui termine séparé par le désastre que leur impose la société.
Rose, que l'espoir habitait, Rose qui ne cessait d'aimer. Donner pour en retour ne pas espéré recevoir, c'est ainsi qu'elle vivait. Offrir pour un sourire. Le visage doux de sérénité, elle regardait ainsi avec ses yeux bleu éclatant. Derrière ce regard, il y avait une autre version de la vie que les gens ne voyaient pas. Ils ne voulaient simplement pas comprendre, en fait. Ils aimaient mieux se nourrir de la semence mélancolique de leurs cultures. De l'avis marginaliste qu'en fait, n'était pas le grand quotidien. Rose elle, éclairer d'un sourire calme, bravait dans l'insignifiance de sa jeune expérience les pires épreuves, les rudes souffrances d'une routine trop acharnée. Rose qui, comme une fleur faner, se laisse allée dans la mort plutôt que d'essayer de voir l'incomprenable. La maladie l'emporte, malgré sa jeunesse, malgré ses beaux yeux remplis de vérité, de naïveté, de couleur toujours plus belle; Rose que les années n'avaient pas épargnée. Voici son histoire :
C’était une suite. Un beau cadeau, qu'on tendait comme une chance. L'accepter avec courage, sans baisser les yeux. Alors vint la prochaine génération; 3 courageux jeunes hommes et une fière demoiselle. L'accomplissement de tous ces effort dans lesquelles on y avait mit tant d'ardeur pour une seule cause: l'existence. Rose; mère dévouée, avait conçue pour le meilleur d'elle-même une progéniture. Et son amour sans limite pour Charles se consumait toujours plus, un cœur jeune, téméraire et privilégié. La complicité qui les animait évoquait un couple heureux, une famille unie. Charles, ce très bel homme, robuste, à fière allure, malgré ses qualités était borné et têtue. Il souhaitait pour ses enfants le meilleur.
Rosalie, d’une beauté distinguée, était silencieuse, mais elle avait les idées éclairées. Elle savait le droit chemin à emprunter. Elle possédait une certaine sagesse, rejoignant celle de sa mère. Augustin, l’âme fou, ne résistait jamais à la tentation de pouvoir faire une farce. Il était d’un tempérament enthousiaste et innocent. Plus rude et refermé sur lui-même, c’était Joseph et ces yeux d’un noir jaie. C’est son regard qui en faisait tout son charme. Louis-Charles était la copie conforme de son père, un amoureux de la vie, qui avance sans hésitation et sans se poser de question.
Tout les garçon se suivait en âge d’un an de près. Joseph le plus vieux avait ses 16 ans. Ensuite au tour de Louis-Charles avec ses 15 et de Augustin, avec 14 ans. Rosalie n’avait que 10 ans, elle.
La famille vivait sur une terre dans la compagne. Éloigné de la ville, mais proche de la nature. Durant les durs temps d’hiver, après l’école pour les enfants, qui ne durait que la matinée, tout le monde se retrouvait autour d’un feu, pour Rose et Rosalie, c’était la couture ou la cuisine. Pour les hommes, c’était l’étable, le bois, la chasse, l’entretien des chemins jusqu’à la route. Parfois contraint aussi à ce rendre à la ville, pour travailler a la scierie du village. Mais ça, c’était seulement Charles et Louis-Charles. Et puis vint l’été, alors pas de tâches à départager, c’était tout le monde dans les champs.
Bien malgré eux, la famine ravageant les alentours, en 1851 Rose et les siens sont contraint de quitter leur terre. Charles et l’aîné ayant obtenu un emploi à la ville fait en sorte qu’ils s’en sortiront bien malgré tout.
On le voyait bien, les temps étaient vers la modernisation. Le père et Louis-Charles travaillaient sur un chantier ferroviaire. C’est un dur labeur. Quant à Augustin et à Joseph, ils mettaient toutes leurs énergies dans une usine textile. Bien que les salaires étaient misérables et les conditions atroces, ils arrivaient tout de même à ramener leur pitence au foyer familial. Un quotidien dépourvu de plus d’un malheur. Le but ultime de chaque journée, toujours plus longue et ardente que l’autre, était d’avoir en retour, le soir dans son assiette, son pain et son bouillon. C’était alors, plus réconfortant que n’importe quoi. On était bien au courant des soins mal commodes des usines. On savait tout ça, mais on n'y pouvait rien. Les règles étant ce qu’elles étaient. Sans pouvoir, un bon et honnête civil ne pouvait changer le monde. Alors c'était les coups de bâtons, les bleus à n'en plus finir. Les patrons étaient des hommes cruels et corrompus. Et le salaire…c’était si peu pour tous les besoins. En hiver, sans la nourriture, et pour les factures, c'était démesuré. Ç'avait bien durer quelques années, cette torture, mais à force de faire comme s'il n'y avait rien, le physique trahissait. Des creux sur les joues, le teint pâlot et les ventres vides, une fatigue interminable. Et puis il y eût ce bouleversement, dans les années 1882 environs. La ville et ses conséquences pesaient lourd sur le cœur de certain, surtout pour les campagnards qui avaient laisser leur cœur dans le doré du blé, dans la fidélité du silence. Sans parler du nombre d’inconnu qui se rajoutait et qui augmentait. C’était pour la plupart, du monde qui était différent. Des européens, bien souvent. Une couleur variante, un accent incompréhensible et des accoutrements extravagants pour certain. Ça posait conflit, littéralement.
Un temps vint que la situation n’était plus aussi possible et abordable. Un temps vint qu’on pensait à l’émigration, ce lieu encore inconnu aux yeux d’êtres fiers. Ce territoire voisin, mais pourtant aussi lointain. Il y avait toutes les raisons du monde pour aimer ce qu'est le Québec. Des plaines vertes, de l'eau, et de bonnes terres cultivables. Et rien de ces ressources essentielles ne manquait. Québec était parfois injuste, d'autres moments cruels. Mais jamais insoutenable et honteuse. Toujours bon de respirer l'air frais de ce qu'est cette liberté. De ces arbres; grands et verts. Se battre avec vigueur de qui nous sommes. Assez petit pour être conquis, et puis pas assez grand pour être un pays. Voilà où nous vivons. Sur un bout de terre, avec d'autres gens pour former un monde, avec d'autres têtes, d'autres couleurs et d'autres mots pour former des races, des langues et des cultures. Alors il faut concéder et quitter cette terre que l’on avait chérie et habitée. La famille rapatriait ce qu’elle avait de plus cher; un bagage de vie, puis se lançait, dans cette nouvelle patrie, qu’ils ne tardèrent pas à connaître. C’était une année qu’on n’oublia pas, c’était l’année 1900.
1914, c’était le début de la guerre. Comme Charles, Augustin, Louis-Charles et Joseph étaient en âge de pouvoir y participés, Rose et Rosalie restaient dans l’inquiétude. Du mieux qu’un grand cœur de mère puisse faire, Rose priait et remerciait Dieu, que par chance ils n’étaient pas dans l’obligation de s’y enrôler. Mais la vie a son lot de malheur, et en 1917 la crise de la conscription crée des tensions. Une loi est évoquée et tous les hommes devaient quitter leur foyer pour partir, dans le péril d’une guerre, dans la souffrance des uns, causé par les autres.
La peur de savoir que leur famille puisse rétrécir ne leurs quittaient pas les entrailles. C’était un trouble, condamné à errer dans leurs corps déjà détruits. Une souffrance constante de penser à la pire des fins. Un tourment, de vivre dans le vide des siens.
Prier, ne jamais cesser de prier pour leur retour. Et puis un jour trop malheureux, le fou d’Augustin revenait, seul. Rose était dans les champs derrière la petite maison de bois. Elle récoltait les dernières cultures de légumes. C’est Rosalie la première qui le vit. D’abord le cœur qui était affolé, puis soudain, l’écorchure dans son regard. Il avait une jambe en moins. Ô la belle Rosalie, plier en deux, le visage enfouit dans ses jupes, elle pleurait une colère terrible, comme un orage qui gronde. Toutes ces années à attendre, à espérer, et puis maintenant qu’il se tenait, là debout, le visage dur. Rose, qui avait entendu cette alerte s’était immédiatement levée, puis avait accourue devant. Son cœur avait prit un coup en voyant son petit ange, son jeune farceur, appuyé contre deux bouts de bois taillés. Ses poumons voulaient cracher l’horreur devant la signification de ce tableau; Charles, son tendre mari, Joseph, son trésor et puis Louis-Charles, sa douce bonté. Ils avaient tous rendu l’âme aux combats. Ils ne restaient plus que trois cœurs meurtris par une vie qui se voulait rude et cruelle. Verser un torrent de larmes, sa famille déchirée, une partie de sa vie dissipée. Peut-être venaient-ils de mourrirent, eux aussi ? À cet instant, les uns se recueillant dans la torpeur des autres. Les autres se noyant dans l’amour inconditionnel des uns. Alors volatilisé cette vigueur qui les unissait.
Rose que la vie n’avait pas épargnée. Rose qui, devant la souffrance n’avait pas reculée. Une âme généreuse qui ne voulait qu’aimer. Suite à ces années, rongé par la tristesse et la maladie, Rose laisse la mort prendre soin d’elle maintenant. Elle n’a plus à s’inquiéter, elle ne souffrira plus. Malgré cette couleur qui faisait régner un calme dans ses yeux, malgré les épines, cette fleur finit toujours par faner. Je n’oublierai pas, c’était un doux soir d’octobre. Nous étions en 1929, et c’est aussi ce soir-là, qu’il y eût le krach boursier.
Rose; à une époque qui se voulait difficile…
M.L.